Pariétaire plante indispensable et oubliée !
La pariétaire (p.judaica) est très commune dans les villes et villages nous la connaissons tous sans jamais la regarder sauf pour l'enlever de nos pas de porte ! Elle était, avant la sédentarisation des sociétés humaine, une plante de rocaille, de falaises. Puis elle a colonisée nos murs, nos murailles et nos décombres. C'est donc aujourd'hui une plante principalement rudérale.
Une espèce voisine, plus grande , qui pousse également dans les bois frais par exemple, est beaucoup moins répandue en Provence (P. officinalis).
Tige rougeâtre, translucide, cassante, elle est pourvue de poils accrochants qui donnent la sensation que la plante "colle" (esparagoulo, nom provençal) . Elle était un aliment de remplacement des épinards pendant les disettes et famines.
(cf. Pierre Lieuthaghi Tradition médicinales et autres usages des plantes en haute Provence )
Gélive elle réapparait progressivement à la fin de l'hiver.
Nom scientifique
Le genre est Parietaria, famille des Urticaceae (comme les orties).
Les espèces les plus connues :
Parietaria officinalis → pariétaire officinale (Europe tempérée)
Parietaria judaica (syn. P. diffusa) → très fréquente en région méditerranéenne, fortement allergisante
Le nom vient du latin paries = « mur », car elle pousse souvent dans les fissures des murs.
En phytothérapie traditionnelle, la pariétaire officinale (surtout P. officinalis) est utilisée pour ses propriétés :
1. Diurétiques (usage principal)
Favorise l’élimination urinaire
Utilisée contre :
rétention d’eau
cystites légères
calculs urinaires (action « drainante »)
Elle est parfois appelée “casse-pierre” dans certaines traditions populaires.
2. Anti-inflammatoires urinaires
Apaise les irritations des voies urinaires
Employée dans les inflammations de la vessie et des reins
3. Dépuratives
Utilisée dans les cures « détox » traditionnelles
Associée à des plantes drainantes (pissenlit, bouleau)
4. Usage externe
En cataplasmes :
petites plaies
irritations cutanées
brûlures légères
Point important : allergénicité
La pariétaire est l’un des pollens les plus allergisants en Méditerranée, provoquant : rhinite allergique et asthme saisonnier.
Ce point concerne surtout Parietaria judaica.
Cueillir avant la floraison qui a lieu à partir de mai pour plus de prudence.
Ne pas utiliser en cas de rhume des foins allergies aux pollens.
Formes d’utilisation traditionnelles
Infusion des parties aériennes, fraîches ou sèches, en mélange avec des feuilles de pissenlit, de l’ortie, de la menthe, pour une tisane équilibrante acidobasique, par exemple.
Jus de plantes fraiches, avec du gaillet grateron, de l’ortie pour une cure détox ou remise en forme à l’aide d’un extracteur à jus par exemple.
Elle est à consommer de préférence fraiche pour profiter du maximum de ses bienfaits.
Principaux constituants
Flavonoïdes (majeurs)
quercétine, kaempférol et rutine
Effets : diurétiques, anti-inflammatoires, antioxydants et protecteurs vasculaires
Sels minéraux
Très riche en :
potassium (important pour l’effet diurétique)
nitrates naturels
Acides phénoliques
acide caféique
acide chlorogénique
Action : anti-inflammatoire et antioxydante
Mucilages
effet adoucissant sur les muqueuses urinaires
Tanins (faible quantité)
légère action astringente
Composés allergènes (surtout P. judaica)
responsables des réactions allergiques respiratoires.
Données scientifiques modernes
La recherche est limitée mais cohérente avec l’usage traditionnel.
- Effet diurétique — bien documenté
Études expérimentales (animales) :
augmentation significative du volume urinaire
augmentation de l’excrétion de sodium et potassium
Conclusion : indication traditionnelle validée.
- Effet anti-inflammatoire
Des études in vitro montrent : inhibition de cytokines pro-inflammatoires et activité antioxydante importante.
Potentiel : inflammation urinaire, troubles cutanés
- Activité antimicrobienne (modérée)
Tests in vitro : action contre certaines bactéries urinaires, effet antifongique léger
- Calculs urinaires
Quelques études suggèrent : réduction de la cristallisation des oxalates de calcium. D’où la réputation de « plante litholytique ».
Mais : preuves encore limitées chez l’humain.
- Allergologie — domaine le mieux étudié
La pariétaire est une cause majeure d’allergie en Europe du Sud : pollinisation longue (février → octobre), très forte production de pollen ,allergènes hautement sensibilisants
Sécurité et contre-indications
Éviter : grossesse (manque de données), insuffisance rénale sévère, traitement diurétique médical
Effets secondaires rares : irritation digestive légère.
Critères d’identification et de différenciation de parietaria judaica et parietaria officinalis :
Hauteur & port → officinalis = grande, dressée ; judaica = petite, rampante
Feuilles → officinalis = molles, ovales/lancéolées ; judaica = coriaces, petites
Habitat → officinalis = bois/talus, sols frais ; judaica = murs secs et fissures urbaines
Allergénicité → officinalis = faible/modérée ; judaica = très élevée
Astuce pratique
Regarde le port et la hauteur en premier → critère le plus fiable.
Observe l’habitat → murs secs = judaica dans 95 % des cas.
Feuilles → confirme l’espèce si le doute persiste.
Ne te fie pas à la couleur des tiges → trop variable.
Prochain atelier le 21 février, à Lurs 14h-17h30
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